Loi Climat 2025-2028 : quels logements seront interdits à la location ?

Ecrit par Roland Riaut

21 juillet 2026

La transition énergétique et la lutte contre le changement climatique sont au cœur des priorités gouvernementales en France. Dans cette dynamique, la Loi Climat et Résilience, adoptée en 2021, prévoit une série de mesures phares pour améliorer la performance énergétique des logements. Parmi elles, l’interdiction progressive de louer des logements considérés comme des « passoires thermiques » entre 2025 et 2028 marque un tournant majeur pour les propriétaires bailleurs. Quelles sont les échéances à respecter ? Quels logements sont concernés ? Quelles conséquences en cas de non-respect ? Cet article fait le point sur la Loi Climat 2025-2028 et ses implications concrètes pour le marché locatif.

Que vous soyez propriétaire bailleur, candidat à l’investissement locatif, ou simplement locataire soucieux de votre confort, il est essentiel de comprendre les nouvelles obligations qui s’imposent. Grâce à une analyse détaillée des textes, des calendriers, des critères du DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) et des conseils pratiques, vous aurez toutes les clés pour anticiper ces nouvelles règles et adapter votre stratégie immobilière.

Textes de loi et références officielles

La Loi Climat et Résilience de 2021 : un cadre ambitieux

La Loi Climat et Résilience, promulguée le 22 août 2021, constitue le socle réglementaire des nouvelles obligations relatives à la performance énergétique des logements à usage locatif. Ce texte vise principalement à accélérer la rénovation du parc immobilier français, responsable d’environ 17 % des émissions nationales de gaz à effet de serre selon le ministère de la Transition écologique.

  • Article 160 : fixe l’interdiction progressive de mise en location des logements les plus énergivores.
  • Article 158 : oblige les propriétaires à réaliser un audit énergétique lors de la vente ou de la mise en location de biens classés F ou G au DPE.
  • Article 17 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 : modifié pour intégrer de nouvelles conditions de décence énergétique.

Sources et documents de référence

Définitions juridiques essentielles

  • Passoire thermique : logement classé F ou G au DPE, présentant une consommation énergétique excessive.
  • Décence énergétique : critère obligatoire pour louer un bien, intégrant depuis 2023 une performance minimale à respecter.
  • DPE : Diagnostic de Performance Énergétique, évalue la consommation d’énergie et l’impact en émissions de CO2.

Quels logements sont concernés par l’interdiction de location ?

Les critères du DPE : classes F et G en ligne de mire

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) attribue à chaque logement une note de A (très performant) à G (très énergivore). La Loi Climat cible les logements notés F et G, souvent appelés « passoires thermiques ». Ces biens consomment plus de 330 kWh/m²/an d’énergie primaire, et jusqu’à 420 kWh/m²/an pour les pires d’entre eux.

  • Classe G : Consommation supérieure à 420 kWh/m²/an.
  • Classe F : Consommation comprise entre 331 et 420 kWh/m²/an.
  • Classe E : Consommation comprise entre 251 et 330 kWh/m²/an.

Critères de décence énergétique en 2025, 2028 et au-delà

Pour qu’un logement soit proposé à la location, il doit respecter un seuil minimal de performance énergétique, qui sera progressivement relevé :

  • Depuis le 1er janvier 2023 : interdiction de louer les logements classés G les plus énergivores (consommation supérieure à 450 kWh/m²/an, en France métropolitaine).
  • À partir du 1er janvier 2025 : tous les logements classés G seront interdits à la location.
  • En 2028 : interdiction étendue aux logements classés F.
  • En 2034 : les logements classés E seront à leur tour concernés.

Exemples concrets de logements touchés

  • Un studio mal isolé dans un immeuble des années 1960 à Paris, chauffé à l’électricité, affichant un DPE G.
  • Une maison ancienne en zone rurale, sans double vitrage ni isolation des combles, notée F au DPE.
  • Un appartement en centre-ville dont le chauffage collectif n’a jamais été modernisé, classé F ou G.

Selon l’Observatoire national de la rénovation énergétique, près de 5,2 millions de logements sont actuellement classés F ou G en France, soit environ 17 % du parc résidentiel.

Classe DPEConsommation (kWh/m²/an)Interdiction location
G> 4202025
F331 – 4202028
E251 – 3302034

Calendrier de l’interdiction : les dates à retenir

Un agenda précis pour chaque catégorie de logement

Pour accompagner les propriétaires dans leur démarche, la loi prévoit une montée en puissance progressive des exigences. Voici les principales échéances à connaître :

  • 1er janvier 2023 : Interdiction de louer les logements classés G dont la consommation dépasse 450 kWh/m²/an.
  • 1er janvier 2025 : Interdiction étendue à l’ensemble des logements classés G, soit environ 500 000 biens supplémentaires impactés.
  • 1er janvier 2028 : Extension de l’interdiction aux logements classés F (environ 1,2 million de logements concernés).
  • 1er janvier 2034 : Les logements classés E seront à leur tour interdits à la location.

Quelles démarches pour les propriétaires bailleurs ?

Pour éviter une interdiction de mise en location, les propriétaires doivent anticiper et engager des travaux de rénovation énergétique. Les démarches principales incluent :

  • Faire réaliser un DPE à jour (obligatoire avant toute mise en location ou vente).
  • Évaluer les travaux nécessaires pour atteindre au moins la classe E ou D du DPE.
  • Solliciter des aides financières (MaPrimeRénov’, éco-prêt à taux zéro, CEE, etc.).
  • Planifier les travaux suffisamment en avance pour respecter les échéances légales.

Exemple de scénario pour un bailleur

Un propriétaire d’un appartement classé G en 2024 doit impérativement réaliser des travaux pour améliorer l’isolation, changer le système de chauffage, installer des fenêtres double vitrage, etc. S’il ne le fait pas avant le 1er janvier 2025, il ne pourra plus légalement louer son bien après cette date. Anticiper ces échéances permet de préserver ses revenus locatifs et la valeur de son patrimoine.

Sanctions et conséquences en cas de non-respect

Sanctions administratives et pénales pour les propriétaires

La loi prévoit des mesures strictes en cas de non-respect de l’interdiction de louer un logement « passoire thermique » :

  • Le locataire peut saisir la justice pour obliger le bailleur à réaliser les travaux nécessaires.
  • Le juge peut ordonner une baisse du loyer, voire la suspension du paiement jusqu’à réalisation des travaux.
  • Le bailleur encourt une amende administrative pouvant aller jusqu’à 15 000 €.

En outre, les annonces de location doivent obligatoirement afficher la classe énergétique du logement. Toute infraction à cette règle peut également être sanctionnée.

Conséquences patrimoniales et financières

  • Dépréciation de la valeur du bien sur le marché immobilier.
  • Risque de vacance locative si le bien n’est plus conforme.
  • Obligation de financer des travaux parfois coûteux (isolation, système de chauffage, ventilation, etc.).

Selon l’Ademe, le coût moyen d’une rénovation globale pour sortir de la catégorie F ou G se situe entre 15 000 et 50 000 €, selon la surface et l’état initial du logement.

Exemple de litige locatif

Un locataire d’un appartement classé F à Lyon découvre en 2028 que son bailleur n’a pas réalisé les travaux requis. Il saisit le tribunal judiciaire, qui ordonne la mise en conformité dans un délai de 6 mois, sous astreinte financière, et accorde une réduction de loyer de 25 % pendant la période des travaux.

Conseils pratiques pour les propriétaires et solutions de rénovation

Préparer et financer la rénovation énergétique

Pour les bailleurs, anticiper l’interdiction de location est essentiel. Voici quelques conseils pour une rénovation réussie :

  • Réaliser un audit énergétique pour cibler les points faibles du logement.
  • Prioriser les travaux à fort impact : isolation des combles et murs, remplacement des fenêtres, modernisation du chauffage.
  • Consulter les dispositifs d’aide disponibles et cumuler les subventions (MaPrimeRénov’, éco-PTZ, CEE, etc.).
  • Se faire accompagner par un professionnel RGE (Reconnu Garant de l’Environnement).

Solutions techniques pour améliorer la performance du DPE

  • Isolation thermique extérieure ou intérieure des murs (gain estimé : jusqu’à 25 % d’économie d’énergie).
  • Changement des fenêtres pour du double ou triple vitrage.
  • Installation d’une pompe à chaleur ou d’une chaudière à condensation.
  • Ventilation mécanique contrôlée pour limiter l’humidité et améliorer la qualité de l’air.

Exemple de plan de rénovation

Un propriétaire d’une maison ancienne, classée G, peut envisager de :

  • Isoler les combles et les murs (+2 classes DPE en moyenne).
  • Remplacer les fenêtres (+1 classe DPE).
  • Installer une pompe à chaleur (+1 à 2 classes DPE).
  • Changer le ballon d’eau chaude (+0,5 classe DPE).

En combinant ces actions, le logement peut passer de G à D ou C, évitant toute interdiction de location et valorisant fortement le bien.

À retenir

  • Les logements classés G seront interdits à la location dès 2025, puis F en 2028.
  • Des sanctions financières et judiciaires sont prévues pour les propriétaires non conformes.
  • Anticiper la rénovation et solliciter les aides est la meilleure stratégie pour préserver la rentabilité d’un bien.

En conclusion, la Loi Climat 2025-2028 impose une transformation profonde du parc immobilier locatif français. Les propriétaires bailleurs doivent impérativement prendre la mesure des nouvelles obligations, réaliser un DPE à jour et envisager dès maintenant les travaux nécessaires pour éviter une interdiction de location. Les échéances sont proches : dès le 1er janvier 2025 pour les biens classés G, puis 2028 pour les F. L’enjeu est de taille, tant pour la préservation de la valeur de votre patrimoine que pour le confort des locataires et la lutte contre le dérèglement climatique.

Des aides financières significatives existent pour accompagner la rénovation, et il est recommandé de s’entourer de professionnels qualifiés pour mener à bien les travaux. Enfin, rester informé des évolutions réglementaires et anticiper les étapes clés sont essentiels pour sécuriser vos revenus locatifs. N’hésitez pas à consulter un expert immobilier ou un conseiller spécialisé pour vous guider dans cette transition énergétique obligatoire et valorisante.

Roland Riaut / Rédacteur web

Passionné par l'immobilier, le bien-être et l'art de vivre, je partage ici des conseils pratiques et des informations fiables pour vous accompagner dans vos projets au quotidien. Mon objectif : rendre chaque sujet clair et utile.