Le marché de la location saisonnière connaît une croissance soutenue depuis plusieurs années, boostée par les plateformes de réservation en ligne et l’attrait touristique de la France. Si cette activité offre des opportunités intéressantes pour les propriétaires, elle est néanmoins encadrée par une réglementation de plus en plus stricte, notamment en matière de performance énergétique. Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) s’impose progressivement comme un élément clé de la gestion locative, y compris pour les locations de courte durée. Quelles sont les obligations à respecter ? Le DPE est-il obligatoire pour la location saisonnière en 2025 ? Quels impacts sur la rentabilité et sur la fiscalité ? Cet article vous propose un tour d’horizon complet pour comprendre les enjeux du DPE dans le contexte de la location touristique et vous donner des conseils concrets afin de valoriser votre bien tout en étant en conformité.
Location saisonnière : le DPE obligatoire en 2025

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) est un document incontournable dans le secteur immobilier depuis 2006. Initialement réservé à la vente et à la location longue durée, il s’applique progressivement à l’ensemble des locations, y compris les locations meublées et touristiques. Mais qu’en est-il précisément pour la location saisonnière en 2025 ?
Évolution de la réglementation autour du DPE
La réglementation sur le DPE s’est considérablement renforcée ces dernières années, dans le cadre de la lutte contre les « passoires thermiques » et pour répondre aux objectifs de transition énergétique fixés par la loi Climat et Résilience du 22 août 2021. Initialement, les locations saisonnières étaient exemptées de l’obligation d’affichage du DPE, mais cette situation évolue :
- Depuis le 1er juillet 2021 : Réforme du DPE, plus fiable et opposable juridiquement.
- À partir du 1er janvier 2025 : Obligation de fournir un DPE pour toute location saisonnière supérieure à 4 mois cumulés sur une année civile.
- Objectif 2028 : Interdiction progressive de louer des logements très énergivores, y compris en courte durée.
Concrètement, si votre logement est loué plus de 120 jours par an, vous devrez impérativement disposer d’un DPE valide et l’afficher dans vos annonces.
Quelles sanctions en cas de non-respect ?
Le défaut de DPE lors de la mise en location saisonnière expose le propriétaire à plusieurs risques :
- Amendes administratives pouvant dépasser 3 000 € pour une personne physique.
- Annulation du contrat de location à la demande du locataire.
- Risque de contentieux en cas d’information incomplète ou trompeuse.
Le DPE devient donc un document central, à la fois pour la transparence vis-à-vis des locataires et pour sécuriser juridiquement vos locations saisonnières.
Le DPE est-il obligatoire pour une location touristique ?
La question de l’obligation du DPE pour une location touristique dépend de plusieurs critères, principalement la durée cumulée de location et l’usage du bien. Faisons le point sur les cas concrets.
Distinction entre location saisonnière et location meublée classique
La location saisonnière se définit comme la mise à disposition d’un logement meublé pour une courte durée, à une clientèle de passage, qui n’y élit pas domicile. À l’inverse, la location meublée classique concerne l’habitation principale du locataire. Si le DPE est obligatoire depuis 2007 pour toute location (vide ou meublée) dépassant 4 mois par an, la location saisonnière était jusqu’à présent une exception.
Mais la loi évolue : à compter de 2025, toute location meublée touristique dont la durée cumulée excède 120 jours par an devra présenter un DPE. Cette mesure vise à responsabiliser les propriétaires et à améliorer la qualité énergétique du parc locatif, y compris pour les séjours de courte durée.
Cas pratiques et exemples
- Un studio à Paris loué sur Airbnb 150 jours en 2025 : DPE obligatoire, à joindre à chaque annonce et au contrat.
- Une maison de vacances louée 90 jours l’été : DPE non obligatoire, seuil des 4 mois non atteint.
- Un gîte rural ouvert à la location toute l’année (plus de 200 jours) : DPE obligatoire.
Il est donc essentiel de comptabiliser précisément la durée cumulée des locations pour déterminer votre obligation.
Exceptions et cas particuliers
Certains logements échappent encore à l’obligation de DPE, notamment :
- Les locations de moins de 4 mois par an.
- Les hébergements atypiques (yourtes, roulottes, certaines chambres d’hôtes).
- Les bâtiments non chauffés ou dépourvus de système de refroidissement.
Attention cependant, la tendance législative va vers un élargissement progressif du champ d’application du DPE à tous les types de logements proposés à la location.
Comment réaliser un DPE pour une location saisonnière ?

La réalisation d’un DPE est une démarche encadrée et normée, à confier à un professionnel certifié. Voici les étapes et conseils pratiques pour obtenir un DPE conforme et valoriser votre bien en location saisonnière.
Le déroulement du diagnostic
- Prise de rendez-vous avec un diagnostiqueur certifié.
- Visite complète du logement (surface, isolation, systèmes de chauffage et de refroidissement, équipements énergétiques).
- Collecte des factures d’énergie, plans ou permis de construire si disponibles.
- Calcul de la performance énergétique (consommation annuelle d’énergie primaire et émissions de gaz à effet de serre).
- Remise d’un rapport détaillé avec recommandations d’amélioration.
Le DPE est valable 10 ans, sauf en cas de travaux significatifs qui nécessitent un nouveau diagnostic.
Coût moyen d’un DPE
Le tarif d’un DPE varie selon la taille du bien, sa localisation et la complexité du diagnostic. En 2024, il faut compter entre 100 € et 250 € pour un appartement, et jusqu’à 350 € pour une grande maison. Ce coût est à la charge exclusive du propriétaire.
| Type de bien | Surface | Coût moyen DPE |
|---|---|---|
| Studio/2 pièces | 20-40 m² | 100 – 150 € |
| Appartement familial | 60-100 m² | 150 – 250 € |
| Maison individuelle | 100-200 m² | 200 – 350 € |
Conseils pour préparer la visite du diagnostiqueur
- Rassembler les documents utiles : plans, factures d’énergie, attestations de travaux.
- Vérifier l’accessibilité à tous les espaces (combles, sous-sols).
- Informer le diagnostiqueur des équipements récents (pompe à chaleur, isolation, etc.).
Un DPE bien réalisé permet de mettre en avant la qualité énergétique de votre logement, atout de plus en plus recherché par les locataires saisonniers.
Quels travaux pour améliorer son DPE en location saisonnière ?
Un bon classement DPE est devenu un critère de choix important pour les voyageurs, soucieux de leur empreinte écologique et de leur confort. Il est donc judicieux d’entreprendre des travaux d’amélioration énergétique, tant pour valoriser votre bien que pour anticiper de futures réglementations.
Les axes prioritaires d’amélioration
- Isolation thermique : combles, murs, planchers, fenêtres (double ou triple vitrage).
- Chauffage performant : remplacement des convecteurs électriques par une pompe à chaleur ou un poêle à granulés.
- Ventilation efficace : VMC simple ou double flux pour limiter l’humidité et améliorer la qualité de l’air.
- Production d’eau chaude : chauffe-eau thermodynamique ou solaire.
La combinaison de plusieurs actions permet de gagner rapidement une à deux lettres sur le DPE, ce qui peut faire la différence sur le marché très concurrentiel de la location courte durée.
Exemples de travaux et retours sur investissement
| Travaux | Coût estimé | Gain DPE | Économie annuelle |
|---|---|---|---|
| Isolation des combles | 2 000 – 4 000 € | 1 lettre | 200 – 400 € |
| Pose de double vitrage | 4 000 – 8 000 € | 1 à 2 lettres | 150 – 300 € |
| Pompe à chaleur | 7 000 – 15 000 € | 2 lettres | 400 – 700 € |
| VMC double flux | 3 000 – 5 000 € | 0 à 1 lettre | 50 – 100 € |
De nombreuses aides publiques (MaPrimeRénov’, éco-PTZ, certificats d’économies d’énergie) sont accessibles, même pour les bailleurs en location saisonnière sous certaines conditions. Il est recommandé de se rapprocher de la mairie ou d’un conseiller France Rénov’ pour constituer vos dossiers d’aide.
Valorisation locative et image éco-responsable
Un logement performant énergétiquement se loue plus facilement, à un meilleur tarif et garantit un confort optimal en toute saison. N’hésitez pas à valoriser votre DPE dans vos annonces : de plus en plus de voyageurs privilégient les hébergements écoresponsables, y compris sur les plateformes comme Airbnb ou Abritel.
Impacts du DPE sur la fiscalité de la location saisonnière
La performance énergétique de votre bien a également un impact indirect sur votre fiscalité et sur la rentabilité globale de votre activité de location saisonnière.
Choix du régime fiscal et DPE
Les revenus tirés de la location saisonnière sont imposés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), sous le régime micro-BIC ou le régime réel. Un DPE favorable peut justifier une valorisation du loyer, ce qui influence directement le chiffre d’affaires déclaré.
- Micro-BIC : abattement forfaitaire de 50% (ou 71% pour les meublés de tourisme classés).
- Régime réel : possibilité de déduire les charges réelles, dont les travaux d’amélioration énergétique.
Les travaux réalisés pour améliorer le DPE sont déductibles des revenus locatifs en régime réel, ce qui diminue l’impôt dû et valorise votre investissement sur le long terme.
Incitations fiscales pour l’amélioration énergétique
Plusieurs dispositifs encouragent les propriétaires à entreprendre des travaux :
- Crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE, remplacé par MaPrimeRénov’).
- Réduction d’impôt Denormandie dans certaines zones pour la rénovation globale.
- Taux de TVA réduit (5,5%) sur les travaux d’amélioration, d’isolation et d’économie d’énergie.
Attention : certains dispositifs sont réservés à la location longue durée ou à l’habitation principale. Il est donc crucial de bien se renseigner sur l’éligibilité de votre projet en location saisonnière.
Exemple concret d’optimisation fiscale
Un propriétaire qui investit 10 000 € dans l’isolation et le chauffage de sa maison en location touristique pourra, sous conditions, déduire ces dépenses de ses revenus locatifs au régime réel, réduisant ainsi son imposition et améliorant la rentabilité de son bien.
Location saisonnière : des restrictions autres que le DPE
Au-delà des aspects énergétiques, d’autres réglementations encadrent la location saisonnière, et il est essentiel de les connaître pour éviter tout litige ou sanction.
Règles d’urbanisme et autorisations locales
- Déclaration en mairie obligatoire pour toute location saisonnière, même ponctuelle.
- Dans certaines villes (Paris, Lyon, Bordeaux…), limitation du nombre de jours de location par an (120 jours maximum pour une résidence principale).
- Demande d’autorisation de changement d’usage pour transformer un logement en meublé touristique dans les zones tendues.
L’absence de déclaration ou le non-respect des règles locales peut entraîner des amendes importantes (jusqu’à 50 000 € à Paris).
Obligations d’information et de sécurité
- Affichage obligatoire des diagnostics techniques (DPE, amiante, plomb, ERP, etc.).
- Respect des normes de sécurité incendie (détecteur de fumée, extincteur, etc.).
- Transmission des informations sur la taxe de séjour aux locataires et à la mairie.
Marché locatif sous surveillance accrue
La location saisonnière est dans le viseur des pouvoirs publics en raison de ses impacts sur le marché du logement et la vie locale. Des contrôles réguliers sont effectués, notamment dans les zones touristiques et les grandes métropoles. Il est donc impératif de se tenir informé des évolutions réglementaires pour sécuriser votre activité.
- Le DPE devient obligatoire pour toute location saisonnière de plus de 4 mois cumulés dès 2025.
- Un bon DPE valorise votre bien et optimise sa rentabilité locative et fiscale.
- La réglementation évolue vite : veillez à respecter toutes les obligations locales et nationales.
En conclusion, la réglementation autour du DPE en location saisonnière se renforce et impose aux propriétaires d’être vigilants et proactifs. Anticiper la réalisation du DPE, entreprendre les travaux nécessaires et valoriser la qualité énergétique de votre logement sont autant de leviers pour pérenniser votre activité et répondre aux attentes d’une clientèle de plus en plus exigeante et écoresponsable. Au-delà du simple respect des obligations, il s’agit d’une véritable opportunité de se démarquer sur un marché concurrentiel. N’oubliez pas non plus de vous informer régulièrement sur les dispositifs d’aide financière et les évolutions réglementaires, afin de maximiser la rentabilité de votre bien tout en restant en conformité. En confiant votre gestion locative à des professionnels comme ICS Immo, vous vous assurez un accompagnement sur-mesure et une sérénité optimale dans la durée.