Cerfa 13404 : déclaration préalable de travaux, mode d’emploi

Cerfa 13404 : déclaration préalable de travaux, mode d’emploi

Ecrit par Roland Riaut

22 octobre 2026

Le Cerfa 13404 est longtemps resté le formulaire de référence pour déposer une déclaration préalable de travaux auprès de la mairie. Cette autorisation d’urbanisme concerne de nombreux projets du quotidien : création d’une fenêtre, pose d’une clôture, ravalement de façade, construction d’un abri de jardin ou encore installation d’une piscine de petite dimension. Bien que la procédure paraisse accessible, un dossier incomplet ou mal renseigné peut entraîner une demande de pièces complémentaires, rallonger les délais, voire conduire à une opposition de la commune.

Pour un propriétaire, préparer une déclaration préalable demande donc de vérifier les règles locales applicables au terrain, de qualifier correctement les travaux et de fournir des plans cohérents. Le formulaire Cerfa 13404 a été progressivement remplacé par de nouveaux imprimés selon la nature des opérations ; il reste toutefois fréquemment recherché et utilisé comme référence pour comprendre la démarche. Voici les points essentiels à connaître pour constituer un dossier solide, anticiper les délais et démarrer ses travaux dans un cadre légal.

Comprendre le Cerfa 13404 et la déclaration préalable de travaux

Cerfa 13404 : déclaration préalable de travaux - Comprendre le Cerfa 13404 et la déclaration préalable de travaux

La déclaration préalable est une autorisation d’urbanisme simplifiée. Elle permet à la mairie de contrôler qu’un projet respecte le plan local d’urbanisme (PLU), la carte communale, le règlement national d’urbanisme ou les éventuelles protections patrimoniales. Elle ne constitue pas un permis de construire : son champ d’application concerne des projets généralement moins importants, mais elle produit des effets juridiques réels.

À quoi servait le formulaire Cerfa 13404 ?

Le Cerfa 13404, notamment dans ses anciennes versions telles que le Cerfa 13404*12, était destiné aux constructions, travaux, installations et aménagements non soumis à permis de construire, avec ou sans démolition. Son intitulé exact a évolué au fil des réformes. Depuis les changements de formulaires intervenus récemment, il est prudent de consulter le site officiel de l’administration ou le service urbanisme de la mairie afin d’utiliser l’imprimé en vigueur correspondant à votre opération.

Dans la pratique, la logique reste identique : le demandeur identifie le terrain, décrit précisément le projet, indique les surfaces créées ou modifiées, joint les documents graphiques requis et signe la demande. La commune examine ensuite la conformité du projet avec les règles d’urbanisme applicables.

Déclaration préalable ou permis de construire ?

Le choix entre déclaration préalable et permis de construire dépend principalement de la nature des travaux, de l’emprise au sol, de la surface de plancher créée, de la zone du terrain et de l’existence d’un bâtiment déjà construit. Par exemple, une extension peut relever d’une déclaration préalable jusqu’à certains seuils, mais basculer vers le permis de construire lorsque sa surface est plus importante ou lorsque le projet porte la surface totale de la maison au-delà de 150 m² avec recours obligatoire à un architecte.

  • La déclaration préalable convient aux projets de faible ampleur et à de nombreuses modifications extérieures.
  • Le permis de construire concerne les constructions et extensions plus conséquentes, selon les seuils prévus par le Code de l’urbanisme.
  • Le permis d’aménager s’applique à certains lotissements, campings ou aménagements particuliers.
  • Une autorisation distincte peut être nécessaire en secteur protégé, même pour des travaux apparemment modestes.

En cas de doute, demander un certificat d’urbanisme opérationnel ou solliciter la mairie avant de déposer le dossier permet de sécuriser le projet. Cette précaution est particulièrement utile dans les communes soumises à des règles architecturales strictes.

Quels travaux nécessitent une déclaration préalable ?

Les travaux soumis à déclaration préalable sont variés. Les seuils doivent toujours être contrôlés dans le PLU local, car les règles diffèrent notamment entre zone urbaine couverte par un PLU et zone non urbaine. La proximité d’un monument historique, d’un site patrimonial remarquable ou d’un site classé peut également modifier les obligations.

Les constructions et extensions de petite taille

Un abri de jardin, un garage indépendant, une véranda, un carport ou une extension peuvent nécessiter une déclaration préalable lorsque leur emprise au sol ou leur surface de plancher se situe dans les limites réglementaires. À titre indicatif, une construction nouvelle créant plus de 5 m² et jusqu’à 20 m² est souvent concernée. En zone urbaine d’une commune dotée d’un PLU, certaines extensions peuvent aller jusqu’à 40 m², sous conditions.

Une piscine non couverte dont le bassin mesure entre 10 m² et 100 m² relève généralement d’une déclaration préalable. Une piscine de 8 m² est en principe dispensée de formalité, sauf si elle se situe dans un secteur protégé. Les piscines de plus de 100 m² nécessitent habituellement un permis de construire.

Les modifications de l’aspect extérieur

La déclaration préalable est souvent obligatoire lorsque les travaux modifient l’apparence d’un bâtiment. Il peut s’agir du remplacement de fenêtres avec changement de couleur ou de matériau, de la création d’une porte-fenêtre, de la pose de volets différents, de la réfection d’une toiture avec un matériau distinct, d’un ravalement dans une zone soumise à autorisation ou de la mise en place de panneaux solaires.

Les clôtures sont également à surveiller. Elles ne demandent pas systématiquement une déclaration à l’échelle nationale, mais le PLU ou une délibération communale peut l’imposer. Avant d’installer un portail de 1,80 mètre, un mur de clôture ou un grillage sur muret, il faut donc vérifier le règlement de la commune.

Projet envisagéFormalité généralement applicablePoint de vigilance
Abri de jardin de 12 m²Déclaration préalableVérifier les règles de hauteur et d’implantation
Piscine de 32 m² non couverteDéclaration préalableRespecter les distances aux limites séparatives
Extension de 25 m² en zone urbaine PLUSouvent déclaration préalableContrôler la surface totale après travaux
Création d’une fenêtre en façadeDéclaration préalablePrévoir un plan de façade avant et après travaux
Construction nouvelle de 35 m²Permis de construire en principeLes seuils et la zone doivent être confirmés

Comment remplir le dossier et réunir les pièces justificatives ?

Cerfa 13404 : déclaration préalable de travaux - Comment remplir le dossier et réunir les pièces justificatives ?

Un formulaire correctement rempli ne suffit pas : la qualité des pièces jointes conditionne directement la compréhension du projet par le service instructeur. Le dossier doit permettre à la mairie de localiser le terrain, de mesurer l’impact du projet et de comparer l’état existant avec l’état futur.

Les informations à renseigner dans le formulaire

Le déclarant doit indiquer son identité, ses coordonnées, l’adresse du terrain et, si possible, les références cadastrales. Lorsque le bien appartient à plusieurs personnes, chaque situation doit être déclarée avec précision. Il faut ensuite sélectionner la rubrique correspondant aux travaux, mentionner les surfaces créées, l’emprise au sol, la destination éventuelle des locaux et les caractéristiques utiles au calcul des taxes.

Une erreur fréquente consiste à confondre surface de plancher et emprise au sol. La surface de plancher se calcule à partir des surfaces closes et couvertes, après déductions réglementaires. L’emprise au sol correspond à la projection verticale du volume de la construction, débords inclus selon certaines modalités. Pour un carport ouvert, l’emprise au sol est particulièrement importante, même si aucune surface de plancher n’est créée.

Les plans et documents graphiques indispensables

Les pièces sont habituellement numérotées DP1, DP2, DP3 et ainsi de suite. Leur liste précise dépend du projet. Un plan lisible, coté et orienté évite les demandes de complément. Il n’est pas obligatoire de recourir à un architecte pour la plupart des déclarations préalables, mais l’aide d’un professionnel peut sécuriser un projet complexe.

  • DP1 : plan de situation permettant de localiser la parcelle dans la commune.
  • DP2 : plan de masse montrant l’implantation, les dimensions, les accès et les distances aux limites.
  • DP3 : plan en coupe lorsque le projet modifie le terrain ou le volume construit.
  • DP4 : plans des façades et toitures avant et après travaux.
  • DP5 : représentation de l’aspect extérieur, par exemple un photomontage ou une perspective.
  • DP6 et DP7 : insertion paysagère et photographies proche et lointaine du terrain lorsque ces pièces sont requises.

Pour une déclaration portant sur une façade, joignez des photographies nettes et mentionnez les teintes, références de matériaux, dimensions des menuiseries et finitions. Pour une terrasse, une piscine ou un abri, indiquez l’altimétrie, les limites de propriété et les constructions existantes. Plus les documents répondent concrètement aux interrogations de l’instructeur, plus l’examen est fluide.

Où déposer la déclaration préalable et quels sont les délais ?

Le dossier est déposé à la mairie de la commune où se situe le terrain. Selon les collectivités, le dépôt peut être réalisé au guichet, par courrier recommandé avec accusé de réception ou en ligne via le guichet numérique des autorisations d’urbanisme. Le dépôt dématérialisé facilite le suivi, mais il convient de conserver l’accusé d’enregistrement et une copie intégrale des documents transmis.

Instruction, demande de complément et décision

Le délai d’instruction de droit commun est généralement d’un mois pour une déclaration préalable. La mairie peut toutefois réclamer des pièces manquantes dans le premier mois suivant le dépôt. Dans ce cas, le délai est suspendu jusqu’à la réception d’un dossier complet. Certaines situations, notamment en périmètre protégé avec consultation de l’architecte des Bâtiments de France, entraînent un délai majoré qui doit être notifié au demandeur.

À l’issue de l’instruction, la commune peut délivrer une décision de non-opposition, assortir son accord de prescriptions, ou s’opposer au projet. En l’absence de réponse à l’expiration du délai applicable, une décision tacite de non-opposition peut naître dans de nombreux cas. Il est néanmoins recommandé de demander un certificat de non-opposition avant de commencer les travaux, notamment pour rassurer une banque, un artisan ou un acquéreur potentiel.

Affichage et durée de validité

Après une décision favorable, l’autorisation doit être affichée sur le terrain, de manière visible depuis la voie publique, pendant toute la durée du chantier et au minimum durant deux mois. Le panneau doit notamment préciser le nom du bénéficiaire, la date de l’autorisation, la nature des travaux, la superficie du terrain et l’adresse de la mairie où le dossier peut être consulté.

La déclaration préalable est en principe valable trois ans. Les travaux doivent commencer avant l’expiration de cette période et ne pas être interrompus plus d’un an. Une prorogation peut être demandée avant l’échéance, sous réserve que les règles d’urbanisme n’aient pas évolué de façon défavorable. Une fois les travaux achevés, une déclaration attestant l’achèvement et la conformité des travaux peut être nécessaire selon la nature de l’opération.

Conclusion : sécuriser votre projet avant le début des travaux

Le Cerfa 13404 reste une référence utile pour comprendre le fonctionnement de la déclaration préalable de travaux, même si le formulaire administratif à utiliser peut aujourd’hui varier selon la date et le type de projet. L’essentiel est de ne pas considérer cette démarche comme une simple formalité : elle vérifie la conformité de votre construction ou de votre modification extérieure avec les règles locales d’urbanisme. Un abri de jardin, une piscine, une extension ou un changement de façade peuvent avoir des conséquences sur le voisinage, le paysage urbain et la fiscalité.

Avant tout engagement avec une entreprise, consultez le PLU, prenez connaissance des servitudes éventuelles et préparez des plans précis. Déposez un dossier complet, attendez la décision ou la fin du délai légal, puis affichez l’autorisation correctement sur votre terrain. En cas d’incertitude sur les seuils, les surfaces ou les pièces à fournir, l’accompagnement d’un professionnel de l’immobilier, d’un maître d’œuvre ou du service urbanisme communal peut éviter des retards coûteux et limiter le risque de travaux non conformes.

À retenir

  • La déclaration préalable permet à la mairie de contrôler les petits projets de construction, d’extension et de modification extérieure.
  • Le formulaire Cerfa 13404 doit être vérifié au regard des imprimés actuellement en vigueur et de la nature exacte des travaux.
  • Des plans clairs, des pièces jointes complètes et le respect du délai d’instruction sont indispensables avant le démarrage du chantier.

Roland Riaut / Rédacteur web

Passionné par l'immobilier, le bien-être et l'art de vivre, je partage ici des conseils pratiques et des informations fiables pour vous accompagner dans vos projets au quotidien. Mon objectif : rendre chaque sujet clair et utile.