Acheter à deux sans être mariés : quelles options immobilières ?

Acheter à deux sans être mariés : quelles options immobilières ?

Ecrit par Roland Riaut

14 août 2026

Acheter un logement à deux sans être mariés est une situation très fréquente, que l’on soit en concubinage, pacsés ou simplement partenaires dans un projet d’investissement. Il est parfaitement possible d’acquérir une maison ou un appartement ensemble, de signer un crédit immobilier commun et de devenir copropriétaires. Toutefois, l’absence de mariage modifie sensiblement les règles applicables en cas de séparation, de désaccord ou de décès de l’un des acheteurs.

Avant de signer un compromis de vente, il est donc essentiel de choisir le bon cadre juridique et de répartir correctement les droits de chacun. Quote-part d’acquisition, apport personnel, emprunt, assurance emprunteur, convention d’indivision, PACS ou SCI : chaque décision peut avoir des conséquences importantes sur votre patrimoine. Ce guide fait le point sur les principales options pour acheter à deux sans être mariés, sécuriser votre projet immobilier et anticiper les événements de la vie.

1. Acheter à deux sans être mariés : quels statuts sont possibles ?

Acheter à deux sans être mariés : quelles options - 1. Acheter à deux sans être mariés : quels statuts sont possibles ?

Deux personnes non mariées peuvent acheter un bien immobilier ensemble, quelle que soit leur situation personnelle. Elles peuvent être concubins, partenaires de PACS, amis, membres d’une même famille ou associés dans le cadre d’un investissement locatif. Le notaire ne demande pas de lien matrimonial pour établir un acte d’achat commun. En revanche, le statut du couple ou des acheteurs influence fortement les protections légales dont chacun bénéficie.

Le concubinage : une grande liberté, mais peu de protection automatique

Le concubinage correspond à une vie commune stable et continue entre deux personnes. Il ne crée pas de droits patrimoniaux spécifiques comparables à ceux du mariage. Lors d’un achat immobilier, les concubins deviennent généralement propriétaires en indivision, selon les proportions indiquées dans l’acte notarié. Sans disposition particulière, chacun conserve ses droits sur sa quote-part, mais n’hérite pas automatiquement de l’autre.

Cette absence de protection peut devenir problématique si l’un des concubins décède ou si le couple se sépare dans un contexte conflictuel. Le survivant peut notamment se retrouver copropriétaire avec les héritiers du défunt, parfois ses enfants ou ses parents.

Le PACS : une protection limitée mais utile

Le pacte civil de solidarité apporte un cadre plus structuré que le concubinage. Depuis 2007, le régime légal du PACS est la séparation des patrimoines : chaque partenaire reste propriétaire de ses biens personnels et des biens achetés seul. Lorsqu’un bien est acheté ensemble, les partenaires peuvent choisir une répartition adaptée à leur financement.

Le PACS ne fait toutefois pas du partenaire survivant un héritier automatique. Pour lui transmettre tout ou partie du logement, un testament est nécessaire. Son principal avantage est fiscal : le partenaire pacsé bénéficiaire d’un testament est exonéré de droits de succession, contrairement au concubin survivant qui supporte en principe une taxation de 60 % après un faible abattement.

La SCI : une solution pour organiser la détention du bien

La société civile immobilière, ou SCI, permet d’acheter le bien par l’intermédiaire d’une société dont les acheteurs détiennent des parts sociales. Cette formule peut convenir à des partenaires souhaitant fixer des règles de gestion précises, préparer une transmission ou acheter à plusieurs. Elle demande néanmoins une rédaction rigoureuse des statuts, une comptabilité minimale et des frais de création ou de suivi.

  • Le concubinage convient aux projets simples, à condition d’anticiper les risques.
  • Le PACS peut améliorer la protection fiscale du survivant avec un testament.
  • La SCI est pertinente pour organiser durablement la gestion, l’investissement ou la transmission.

2. Emprunter à deux sans être mariés : est-ce possible ?

Oui, les banques accordent régulièrement des crédits immobiliers à deux emprunteurs non mariés. Le mariage n’est pas une condition d’accès au financement. L’établissement prêteur analyse avant tout les revenus, la stabilité professionnelle, l’apport, l’endettement, le reste à vivre et la qualité globale du dossier. Un couple en concubinage ou pacsé peut donc emprunter dans les mêmes conditions générales qu’un couple marié.

La solidarité entre les co-emprunteurs

Quand deux personnes signent la même offre de prêt, elles sont généralement co-emprunteuses solidaires. Cela signifie que la banque peut réclamer l’intégralité des mensualités à l’un ou à l’autre, sans tenir compte de la répartition initialement prévue entre eux. Si l’un ne paie plus sa part, l’autre doit couvrir la totalité de l’échéance pour éviter les incidents de paiement.

Par exemple, pour un emprunt de 240 000 euros sur 25 ans, avec une mensualité totale de 1 300 euros hors assurance, un couple peut avoir prévu un partage à 650 euros chacun. En cas de perte d’emploi de l’un des co-emprunteurs, la banque pourra demander les 1 300 euros à l’autre. Il est donc prudent d’évaluer le projet en tenant compte d’une éventuelle baisse temporaire de revenus.

Apport personnel et quote-part de propriété

Les apports personnels ne doivent pas être confondus avec les quotes-parts de propriété. Un acheteur qui apporte 40 000 euros et l’autre 10 000 euros n’est pas obligé d’acheter à 80 % et 20 %, mais cette répartition peut être cohérente si les revenus et les remboursements de crédit suivent la même logique. À l’inverse, une répartition 50/50 peut être choisie si les partenaires souhaitent partager le bien à égalité, même avec des apports différents.

Le point essentiel est de faire inscrire la répartition souhaitée dans l’acte authentique de vente. Il est difficile de corriger cette répartition a posteriori sans formalités et coûts supplémentaires. Si l’un finance davantage que sa quote-part, un écrit établi avec l’aide du notaire peut aussi constater une créance entre les deux acheteurs.

Bien choisir les quotités d’assurance emprunteur

L’assurance de prêt est une autre décision stratégique. Elle couvre tout ou partie du capital restant dû en cas de décès, d’invalidité ou parfois d’incapacité de travail. Les quotités peuvent être réparties à 50 % / 50 %, mais cette formule ne rembourse que la moitié du prêt si l’un des assurés décède. Le survivant doit alors continuer à payer le solde.

  • Une couverture à 100 % sur chaque tête rembourse intégralement le prêt au décès de l’un des emprunteurs, sous réserve des garanties souscrites.
  • Une couverture 50 % / 50 % peut réduire le coût de l’assurance, mais elle protège moins le survivant.
  • Une répartition 70 % / 30 % ou 60 % / 40 % peut correspondre aux écarts de revenus et à la capacité de remboursement de chacun.

Comparer les assurances emprunteur et demander conseil à votre courtier, votre banque ou votre notaire permet d’adapter la couverture au niveau de risque réel du foyer.

3. L’indivision : la solution la plus courante pour acheter en couple non marié

Acheter à deux sans être mariés : quelles options - 3. L’indivision : la solution la plus courante pour acheter en couple non marié

L’indivision est le régime le plus fréquemment utilisé lorsqu’un couple non marié achète un bien immobilier en direct. Le logement appartient alors aux deux acquéreurs selon une quote-part déterminée dans l’acte : 50/50, 60/40, 70/30 ou toute autre clé de répartition. Chaque indivisaire possède une fraction abstraite du bien et non une pièce précise de la maison ou de l’appartement.

Déterminer une répartition réaliste dès la signature

La répartition doit être choisie avec attention, car elle sert de référence en cas de revente, de séparation ou de succession. Elle peut tenir compte de l’apport, de la part de crédit assumée par chacun, des frais d’acquisition et de l’intention des acheteurs. Le notaire peut aider à formaliser une répartition juridiquement cohérente.

Imaginons un achat à 300 000 euros, financé avec 60 000 euros d’apport et 240 000 euros de crédit. Si le premier acheteur apporte 45 000 euros et le second 15 000 euros, tandis que les mensualités sont réglées à parts égales, une propriété à 60 % / 40 % peut être envisagée. Il n’existe cependant pas de calcul automatique : l’essentiel est que l’acte reflète clairement l’accord des parties.

Les règles de gestion du bien indivis

Dans une indivision, les grandes décisions concernant le bien nécessitent l’accord des propriétaires. La vente du logement exige en principe l’unanimité. Les dépenses importantes, les travaux lourds ou la mise en location peuvent également entraîner des discussions. Cette organisation fonctionne bien lorsque les relations sont sereines, mais elle peut devenir source de blocage en cas de conflit.

Les dépenses courantes doivent aussi être réparties clairement : taxe foncière, charges de copropriété, travaux, assurance habitation, entretien du jardin ou remboursement du prêt. Même si les règles légales existent, un accord écrit évite les interprétations divergentes et facilite le règlement des comptes au moment de la revente.

La convention d’indivision pour sécuriser le projet

La convention d’indivision est un acte rédigé par un notaire qui fixe les règles de fonctionnement entre les propriétaires. Elle peut prévoir qui occupe le logement, comment sont réparties les charges, les modalités de remboursement d’un prêt, la gestion des travaux ou encore les conditions de sortie de l’indivision. Elle peut être conclue pour une durée déterminée, généralement jusqu’à cinq ans renouvelables.

Cette convention ne remplace pas une protection successorale, mais elle réduit les risques de désaccord. Elle est particulièrement recommandée quand les apports sont très différents, qu’un seul partenaire occupe le bien après une séparation ou que le logement représente un investissement locatif.

4. PACS, testament et droit d’usage : comment mieux protéger le partenaire ?

Pour des partenaires non mariés, la question de la protection du survivant doit être abordée avant l’achat. Le décès d’un copropriétaire peut transformer une situation familiale simple en difficulté patrimoniale. Sans mariage ni testament, le concubin survivant n’hérite pas du défunt, même après de nombreuses années de vie commune et même s’ils ont des enfants ensemble.

Le testament : un outil indispensable pour les concubins et partenaires pacsés

Le testament permet de transmettre au partenaire survivant tout ou partie de sa quote-part du logement, dans la limite de la réserve héréditaire des enfants. En présence d’enfants, le défunt ne peut pas librement léguer l’intégralité de son patrimoine si cela porte atteinte à leur part réservataire. Le notaire peut proposer une rédaction adaptée à la composition familiale et aux objectifs du couple.

Pour les concubins, le testament améliore la transmission civile, mais la fiscalité reste lourde : le concubin survivant est généralement taxé à 60 %. Pour les partenaires pacsés, le testament permet en revanche de bénéficier d’une exonération totale de droits de succession. C’est pourquoi PACS et testament sont souvent associés dans un projet immobilier.

Le droit temporaire ou viager d’occupation

Un testament peut également prévoir un droit d’usage et d’habitation pour permettre au survivant de rester dans le logement. Cette solution peut être plus adaptée qu’un legs de propriété dans certaines familles recomposées. Elle permet de protéger l’occupation du domicile tout en préservant les droits des enfants héritiers sur le capital immobilier.

Il faut néanmoins analyser cette option au cas par cas. Les héritiers peuvent devenir propriétaires de la quote-part du défunt, tandis que le survivant conserve un droit d’occupation. Les frais, la fiscalité et la valeur du droit doivent être étudiés avec un notaire.

La tontine : une option particulière à manier avec prudence

La clause de tontine, aussi appelée clause d’accroissement, prévoit que le survivant est réputé avoir été seul propriétaire du bien depuis l’origine. Le logement ne tombe donc pas, en principe, dans la succession du premier décédé. Cette solution peut sembler protectrice, mais elle est difficile à remettre en cause et peut avoir une fiscalité défavorable pour des concubins, surtout lorsque la valeur du bien est élevée.

La tontine est généralement réservée aux couples sans enfants ou aux situations très spécifiques. Elle ne doit pas être choisie sans une analyse notariée approfondie, car elle peut compliquer une séparation et limiter les possibilités de transmettre le bien à ses propres héritiers.

SolutionProtection en cas de décèsFiscalité principalePoint de vigilance
Concubinage sans testamentTrès faible : aucun héritage automatiquePas de transmission au survivantLe survivant partage avec les héritiers
PACS avec testamentBonne, selon les droits léguésExonération de droits de successionRespect de la réserve des enfants
Indivision avec conventionProtège la gestion, pas l’héritageDépend de la successionPrévoir un testament en complément
TontineForte pour le survivantPeut être coûteuse pour des concubinsSortie difficile en cas de séparation
SCI avec clauses adaptéesVariable selon les statuts et transmissionsÀ étudier selon le montageGestion administrative plus lourde

5. Acheter via une SCI : dans quels cas cette solution est-elle pertinente ?

La SCI consiste à créer une société civile qui achète le bien immobilier. Les acheteurs deviennent alors associés et détiennent des parts sociales, plutôt qu’une quote-part directe de l’immeuble. La répartition des parts peut être adaptée aux apports de chacun : par exemple 600 parts pour l’un et 400 parts pour l’autre. La SCI est souvent évoquée pour les couples non mariés, mais elle n’est pas systématiquement la meilleure réponse.

Les avantages d’une SCI pour un projet à deux

Les statuts permettent d’organiser précisément les pouvoirs de gestion, les règles de vote, les conditions de cession des parts et l’entrée éventuelle d’un nouvel associé. Ils peuvent prévoir une clause d’agrément empêchant la cession de parts à un tiers sans l’accord de l’autre associé. Dans un contexte patrimonial, cette souplesse peut être précieuse.

La SCI est aussi intéressante pour un investissement locatif, un patrimoine familial ou l’achat d’une résidence secondaire appelée à être transmise progressivement. Elle facilite la donation de parts sociales, parfois par étapes, tout en évitant de diviser matériellement le bien.

Les limites à connaître avant de créer une société

Une SCI implique des formalités : rédaction des statuts, publication d’une annonce légale, immatriculation, compte bancaire dédié, suivi des décisions des associés et déclarations fiscales. Son coût de création est variable, mais il faut prévoir les frais d’annonce légale, d’immatriculation et, le plus souvent, les honoraires de conseil. Une gestion négligée peut fragiliser le montage.

De plus, la SCI ne protège pas automatiquement le survivant. Si un associé décède, ses parts entrent dans sa succession, sauf dispositions particulières. Il faut donc combiner les statuts avec un testament, une stratégie de donation ou une assurance adaptée. Les banques peuvent aussi demander des cautions personnelles aux associés pour financer l’acquisition.

SCI ou indivision : le bon choix selon le projet

Pour l’achat d’une résidence principale par un couple sans enfants issus d’autres unions, l’indivision accompagnée d’une convention, d’un PACS et d’un testament est souvent plus simple et moins coûteuse. La SCI prend davantage de sens lorsque le projet prévoit de la location, une détention longue, des investissements multiples ou une transmission familiale organisée.

Le choix doit être fait avant la signature du compromis. Modifier le mode de détention après l’acquisition peut entraîner de nouveaux frais d’acte, des conséquences fiscales et parfois l’accord de la banque lorsque le bien est financé à crédit.

6. En cas de séparation, comment répartir ou vendre le bien immobilier ?

La séparation ne met pas automatiquement fin à l’indivision ni au crédit immobilier. Les anciens partenaires doivent organiser la conservation du bien, sa vente ou le rachat de la part de l’autre. La première étape consiste à connaître la valeur actuelle du logement, le capital restant dû et la répartition de propriété inscrite dans l’acte.

Vendre le logement et partager le prix

La vente est souvent la solution la plus directe. Après remboursement anticipé du crédit, paiement des éventuelles indemnités bancaires, frais de vente et mainlevée d’hypothèque le cas échéant, le solde est réparti selon les quotes-parts de propriété. Si le bien appartient à 50 % à chacun, le partage est normalement égal, même si les contributions quotidiennes ont été différentes, sauf créance clairement démontrée.

Avant de mettre le bien sur le marché, demander deux ou trois estimations immobilières permet de fixer un prix réaliste. Un professionnel local peut également évaluer les travaux nécessaires, la demande du secteur et le délai de commercialisation.

Le rachat de soulte par l’un des propriétaires

L’un des ex-partenaires peut conserver le logement en rachetant la part de l’autre : c’est le rachat de soulte. La soulte correspond, de manière simplifiée, à la valeur nette de la quote-part cédée. Pour un bien estimé à 350 000 euros avec 150 000 euros de capital restant dû, la valeur nette est de 200 000 euros. Si les propriétaires détiennent chacun 50 %, celui qui conserve le bien doit en principe verser une soulte de 100 000 euros à l’autre, sous réserve des ajustements liés aux comptes entre indivisaires.

Le repreneur doit souvent souscrire un nouveau financement pour payer la soulte et reprendre seul le prêt. La banque doit accepter la désolidarisation de l’autre emprunteur. Sans cet accord écrit, l’ancien partenaire reste engagé envers la banque, même s’il n’est plus propriétaire du logement.

Que faire en cas de désaccord ?

En indivision, nul ne peut être contraint de rester durablement dans une situation qu’il ne souhaite plus. Si aucun accord amiable n’est possible, un indivisaire peut demander le partage. Cette procédure peut aboutir à une vente judiciaire, souvent moins avantageuse financièrement qu’une vente négociée. La médiation, l’intervention du notaire et l’accompagnement d’un avocat peuvent aider à éviter une procédure longue et coûteuse.

  • Faites estimer le bien de façon objective avant toute négociation.
  • Demandez à la banque les conditions précises de désolidarisation ou de refinancement.
  • Conservez les justificatifs d’apport, de travaux et de dépenses exceptionnelles.
  • Formalisez tout accord de séparation dans un acte adapté, notamment en cas de rachat de soulte.

7. Les précautions à prendre avant de signer le compromis de vente

La réussite d’un achat immobilier à deux sans mariage repose largement sur la préparation. Les acheteurs doivent parler ouvertement de leurs apports, de leurs revenus, de leurs projets familiaux, de leur capacité à assumer le crédit seuls et de ce qu’ils souhaitent en cas de séparation ou de décès. Ces discussions peuvent sembler délicates, mais elles évitent de nombreux litiges.

Faire inscrire les bonnes informations dans l’acte

Le compromis et l’acte définitif doivent mentionner l’identité des acheteurs et leurs quotes-parts exactes. Il est important de signaler au notaire l’existence d’apports inégaux, d’un prêt familial, d’une donation ou d’un financement particulier. Le notaire pourra proposer une rédaction sécurisée et expliquer les conséquences juridiques de chaque option.

Ne choisissez pas une répartition 50/50 par simple facilité si elle ne correspond pas à votre volonté patrimoniale. À l’inverse, ne raisonnez pas uniquement en fonction de l’apport initial : les mensualités futures, les travaux et les charges doivent aussi être pris en compte dans l’équilibre global du projet.

Anticiper les scénarios difficiles

Un bon dossier immobilier ne se limite pas à l’obtention du prêt. Il prévoit aussi les risques de la vie : maladie, chômage, arrivée d’un enfant, mutation professionnelle, décès, séparation ou baisse des revenus. L’assurance emprunteur, l’épargne de précaution et les clauses juridiques sont complémentaires.

Il est généralement conseillé de conserver une réserve financière après l’achat. Les frais de notaire, le déménagement, les travaux et les imprévus peuvent rapidement représenter plusieurs milliers d’euros. Pour une résidence principale ancienne, prévoir un budget travaux et entretien de 1 % à 2 % de la valeur du bien par an peut constituer un repère prudent, selon l’état du logement.

S’entourer des bons professionnels

Le notaire est l’interlocuteur central pour sécuriser le cadre juridique de l’acquisition. Le courtier peut optimiser le financement et l’assurance, tandis qu’un conseiller immobilier local aide à vérifier la cohérence du prix et le potentiel du secteur. Pour les situations complexes, notamment en présence d’enfants de précédentes unions, d’un patrimoine important ou d’un investissement locatif, un avocat ou un conseiller en gestion de patrimoine peut compléter l’analyse.

Prendre conseil avant la signature est souvent bien moins coûteux que de corriger un montage inadapté après une séparation ou une succession. Une acquisition bien préparée protège à la fois le couple, le patrimoine et les proches.

8. Conclusion : choisir une option adaptée à votre projet de vie

Acheter à deux sans être mariés est une démarche accessible et courante, mais elle exige une anticipation que le mariage encadre davantage par défaut. L’indivision reste la solution la plus simple pour devenir propriétaires ensemble, à condition de fixer des quotes-parts cohérentes et, idéalement, de signer une convention d’indivision. Le PACS associé à un testament constitue souvent un équilibre efficace pour améliorer la protection du partenaire survivant, notamment grâce à l’exonération de droits de succession. La SCI, quant à elle, peut être pertinente pour les projets patrimoniaux, locatifs ou familiaux plus structurés.

Avant de vous engager, échangez en toute transparence sur les apports, le crédit, les assurances et les scénarios de séparation ou de décès. Faites inscrire vos choix dans les actes notariés plutôt que de vous reposer sur des accords verbaux. En étant accompagnés par des professionnels de l’immobilier, de la banque et du notariat, vous pourrez acheter sereinement, protéger les intérêts de chacun et faire de votre projet immobilier un véritable projet commun durable.

À retenir

  • Lors d’un achat en indivision, les quotes-parts indiquées dans l’acte notarié déterminent les droits de chaque propriétaire lors de la vente ou de la séparation.
  • Le PACS ne donne pas automatiquement droit à la succession : un testament est indispensable pour protéger le partenaire survivant.
  • La banque peut réclamer la totalité des mensualités à chacun des co-emprunteurs ; les quotités d’assurance doivent donc être choisies avec soin.

Roland Riaut / Rédacteur web

Passionné par l'immobilier, le bien-être et l'art de vivre, je partage ici des conseils pratiques et des informations fiables pour vous accompagner dans vos projets au quotidien. Mon objectif : rendre chaque sujet clair et utile.