Bail professionnel : différences avec le bail commercial

Bail réel solidaire (BRS) : principe et conditions

Ecrit par Roland Riaut

7 août 2026

Accéder à la propriété demeure un objectif majeur pour de nombreux Français, mais l’augmentation constante des prix de l’immobilier rend cette démarche de plus en plus difficile, notamment pour les ménages aux revenus modestes ou intermédiaires. Face à ce constat, de nouvelles solutions émergent pour favoriser l’accession sociale à la propriété. Le bail réel solidaire (BRS) s’impose aujourd’hui comme un dispositif innovant, visant à rendre l’achat d’un logement plus accessible, tout en garantissant la pérennité de la mixité sociale et la stabilité des quartiers. Adapté aux besoins des primo-accédants, le BRS séduit par sa souplesse, ses avantages financiers et ses conditions d’éligibilité pensées pour élargir l’accès à la propriété.

Dans cet article, nous vous proposons un tour d’horizon complet du bail réel solidaire : son principe, son fonctionnement, les conditions pour en bénéficier, ses avantages, la démarche pour devenir propriétaire en BRS, ainsi que les modalités de revente de votre logement. Nous aborderons également des exemples concrets, des conseils pratiques et des comparatifs pour vous aider à mieux comprendre et à envisager sereinement ce mode d’accession innovant.

Le bail réel solidaire : un nouveau modèle d’accession sociale à la propriété

Origine et objectifs du BRS

Adopté en 2016 dans le cadre de la loi ALUR, le bail réel solidaire (BRS) est un dispositif innovant qui vise à faciliter l’accession à la propriété des ménages modestes ou intermédiaires, tout en pérennisant la vocation sociale du parc immobilier. Son principe repose sur une dissociation entre la propriété du terrain et celle du bâti : l’acquéreur devient propriétaire du logement, tandis que le terrain reste la propriété d’un organisme de foncier solidaire (OFS), généralement une structure à but non lucratif agréée par l’État.

Le BRS s’inscrit dans une logique d’intérêt général : il permet de lutter contre la spéculation foncière, de contenir les prix de l’immobilier et de garantir la mixité sociale dans les zones tendues, où l’accès à la propriété est souvent hors de portée pour de nombreux ménages. Il offre ainsi une nouvelle voie d’accession sociale, en s’inspirant des modèles anglo-saxons comme les Community Land Trust (CLT) développés aux États-Unis et au Royaume-Uni.

Fonctionnement général du BRS

Le principe du bail réel solidaire est simple : l’acquéreur achète uniquement le logement (la construction), tandis que le terrain sur lequel il est bâti reste la propriété de l’OFS. Ce dernier accorde à l’acquéreur un bail de longue durée – généralement compris entre 18 et 99 ans – appelé « bail réel solidaire ». En contrepartie, l’acquéreur verse une redevance mensuelle modique à l’OFS, représentant le droit d’occuper le terrain. Ce mécanisme permet de réduire le coût d’acquisition du logement, en excluant la valeur du foncier de l’opération immobilière.

  • Le ménage devient propriétaire de son logement dès la signature de l’acte.
  • Le terrain reste la propriété de l’OFS qui en assure la gestion à long terme.
  • Le ménage paie une redevance qui reste très inférieure au coût d’un achat classique.
  • À l’issue du bail, il est possible de renouveler le contrat avec l’OFS.

Ce système garantit la vocation sociale du logement sur le long terme : en cas de revente, le prix est encadré pour maintenir le logement accessible à d’autres ménages éligibles au dispositif.

L’essor du BRS en France

Depuis son lancement, le bail réel solidaire connaît une montée en puissance remarquable. En 2023, plus de 120 organismes de foncier solidaire étaient agréés sur le territoire français, et des milliers de logements ont été commercialisés sous ce dispositif. Les grandes métropoles, où la tension immobilière est la plus forte, se sont largement emparées du BRS afin d’élargir l’offre de logements abordables. À Paris, Lyon, Bordeaux, Nantes ou encore Lille, de nombreux programmes neufs sont désormais proposés en BRS, répondant ainsi à une demande croissante de logements accessibles.

Le BRS s’impose progressivement comme un outil central de la politique du logement, complétant d’autres dispositifs comme le prêt à taux zéro (PTZ), le prêt social location-accession (PSLA) ou encore le logement social classique. Son succès s’explique par sa capacité à répondre à la fois aux besoins des ménages et aux objectifs de mixité sociale des collectivités locales.

Comment fonctionne le bail réel solidaire ?

La dissociation foncier/bâti : un levier d’accessibilité

Le cœur du BRS repose sur la dissociation entre la propriété du terrain et celle du logement. Cette séparation permet de sortir la valeur du foncier du prix d’achat, qui représente habituellement 30 à 50 % du coût global d’un bien immobilier, voire davantage dans les zones tendues. Par exemple, dans une métropole comme Bordeaux, le foncier peut représenter jusqu’à 60 % du prix d’un appartement neuf.

Grâce au BRS, un ménage peut ainsi acheter un logement neuf ou ancien rénové à un prix nettement inférieur à celui du marché. Cette économie substantielle permet à des familles, des jeunes actifs ou des seniors modestes d’accéder à la propriété dans des quartiers où cela aurait été inenvisageable autrement.

Le rôle de l’organisme de foncier solidaire (OFS)

L’OFS est la pierre angulaire du dispositif BRS. Il s’agit d’un organisme à but non lucratif, agréé par l’État et souvent soutenu par les collectivités locales. L’OFS acquiert le terrain, y réalise ou réhabilite des logements (souvent avec des promoteurs ou bailleurs sociaux), puis accorde un bail réel solidaire aux ménages acquéreurs. Il perçoit une redevance mensuelle, généralement comprise entre 1 et 2 € par mètre carré, permettant de couvrir les frais de gestion et d’entretien du foncier.

Outre la gestion du foncier, l’OFS veille au respect des conditions d’occupation et de revente des logements, afin de préserver la vocation sociale du parc immobilier sur le long terme. Il accompagne également les acquéreurs dans leurs démarches et leur apporte un suivi personnalisé.

BRS neuf ou ancien : quelles différences ?

Le BRS peut porter sur des logements neufs, réalisés dans le cadre de programmes immobiliers spécifiques, ou sur des logements anciens réhabilités par l’OFS. Dans les deux cas, les principes restent les mêmes, mais certains aspects diffèrent :

  • BRS neuf : Le ménage achète un logement neuf, souvent avec des normes énergétiques récentes (RT 2012, RE 2020), dans un programme immobilier dédié. Les frais de notaire sont réduits (environ 2 à 3 % du prix d’achat contre 7 à 8 % dans l’ancien).
  • BRS ancien réhabilité : L’OFS acquiert un bien ancien, le rénove puis le met en vente en BRS. L’acquéreur bénéficie d’un logement rénové à un prix inférieur au marché, mais avec des performances énergétiques qui varient selon l’ampleur des travaux.

Exemple concret : calcul du coût en BRS

Imaginons un appartement neuf de 60 m² à Lyon, proposé en BRS :

  • Prix de vente en BRS : 2 800 €/m² soit 168 000 €
  • Prix du même bien hors BRS : 4 500 €/m² soit 270 000 €
  • Frais de notaire : 3 % en BRS soit 5 040 € (contre 7 % en ancien : 11 760 €)
  • Redevance OFS : 1,5 €/m²/mois soit 90 €/mois

Au total, l’économie réalisée à l’achat dépasse 100 000 €, sans compter la réduction des frais de notaire. Sur 20 ans, la redevance OFS représentera 21 600 € (90 € × 12 mois × 20 ans), soit un effort financier très inférieur à la valeur du foncier si le logement avait été acheté classiquement. Ce mécanisme permet à une famille disposant d’un revenu modeste de devenir propriétaire dans des quartiers attractifs.

Tableau comparatif : achat classique vs BRS

CritèreAchat classiqueBRS
Prix d’achat (pour 60 m² à Lyon)270 000 €168 000 €
Frais de notaire7 % (18 900 €)3 % (5 040 €)
Propriété du terrainOuiNon (OFS)
Redevance mensuelle0 €90 €
Conditions de reventePrix librePrix encadré
AccessibilitéLimitée (prix élevé)Élargie (prix réduit)
Mixité socialeNon garantieFavorisée

Qui peut bénéficier du bail réel solidaire (BRS) ?

Bail réel solidaire (BRS) : principe et conditions - Qui peut bénéficier du bail réel solidaire (BRS) ?

Les conditions de ressources

L’accès au BRS est soumis à des conditions strictes, afin de cibler les ménages ayant réellement besoin d’un logement abordable. Le critère principal est celui des ressources : le revenu fiscal de référence (RFR) du foyer ne doit pas dépasser un certain plafond, fixé en fonction de la localisation du logement et de la composition du ménage. Ces plafonds sont alignés sur ceux du prêt social location-accession (PSLA), révisés chaque année.

  • Zone A bis (Paris et communes limitrophes) : jusqu’à 35 515 € pour une personne seule, 66 618 € pour un ménage de 5 personnes.
  • Zone A : 35 515 € (1 pers.), 66 618 € (5 pers.).
  • Zone B1 : 28 049 € (1 pers.), 52 935 € (5 pers.).
  • Zone B2 et C : 24 683 € (1 pers.), 46 014 € (5 pers.).

À titre d’exemple, un couple avec un enfant souhaitant acheter un appartement en BRS à Nantes (zone B1) ne devra pas dépasser 36 449 € de revenus annuels. Ces plafonds rendent le BRS accessible à une large part de la population, notamment les primo-accédants, les jeunes actifs et les familles modestes.

Les critères d’éligibilité complémentaires

Outre les plafonds de ressources, d’autres critères sont à respecter :

  • Être primo-accédant (ne pas avoir été propriétaire de sa résidence principale depuis au moins 2 ans), sauf exceptions (handicap, divorce, etc.).
  • Acquérir le logement à titre de résidence principale (location interdite, sauf exceptions pour mobilité professionnelle ou raisons familiales).
  • Respecter les conditions spécifiques fixées par l’OFS et la collectivité locale (exigence de domiciliation, engagement sur l’occupation du logement, etc.).
  • Obtenir un financement (prêt immobilier, PTZ, etc.) adapté à la situation du ménage.

Il est important de noter que certains dispositifs complémentaires peuvent s’appliquer, tels que le prêt à taux zéro (PTZ) ou les aides locales à l’accession, qui facilitent encore davantage l’accès au BRS.

Exemples de profils éligibles

Voici quelques exemples de ménages pouvant prétendre au BRS :

  • Un couple de jeunes actifs gagnant 2 300 € nets/mois et souhaitant s’installer près du centre-ville de Bordeaux.
  • Une famille monoparentale avec deux enfants percevant 2 800 € nets/mois, cherchant à acheter un logement neuf à Lille.
  • Un senior retraité disposant d’une pension de 1 600 € mensuels, souhaitant acquérir un appartement sécurisé à Nantes.
  • Un célibataire avec un revenu de 1 950 € nets/mois, primo-accédant, intéressé par un programme BRS à Toulouse.

Dans tous ces cas, le BRS permet d’accéder à la propriété là où le marché classique serait inabordable.

Pourquoi acheter en BRS ? Avantages, limites et conseils pratiques

Les avantages majeurs du BRS

  • Prix d’achat réduit : Grâce à la dissociation du foncier, l’acquéreur paie uniquement la valeur du logement, ce qui permet une économie de 30 à 50 % par rapport à un achat classique.
  • Frais de notaire allégés : En BRS, les frais de notaire sont calculés sur la seule valeur du bâti (environ 2 à 3 %), ce qui réduit l’apport initial à mobiliser.
  • Accessibilité élargie : Le BRS cible les ménages modestes ou intermédiaires, y compris les primo-accédants qui peinent à accéder au marché libre.
  • Sécurité d’occupation : Le bail est consenti pour une longue durée (jusqu’à 99 ans), offrant une stabilité à l’acquéreur et à ses ayants droit.
  • Mixité sociale garantie : Les logements restent abordables sur le long terme, favorisant la diversité des habitants et la cohésion des quartiers.
  • Possibilité de cumuler avec d’autres aides : PTZ, aides des collectivités, subventions à la rénovation énergétique, etc.

Les limites et points de vigilance

  • Revente encadrée : Le prix de revente est plafonné, limitant la plus-value possible. L’objectif est de maintenir le logement abordable pour les futurs acquéreurs.
  • Redevance à verser à l’OFS : Même si elle est modique, la redevance constitue une charge supplémentaire à prendre en compte dans le budget du ménage.
  • Occupation obligatoire en résidence principale : La location du logement est interdite, sauf cas de force majeure définis par la loi et l’OFS.
  • Offre encore limitée : Tous les territoires ne proposent pas encore de programmes BRS, même si le dispositif tend à se développer rapidement.
  • Pas de propriété du terrain : L’acquéreur ne peut pas réaliser certaines opérations (extension, division, etc.) sans l’accord de l’OFS.

Conseils pratiques pour réussir son achat en BRS

  • Vérifier son éligibilité : Avant tout, consultez les plafonds de ressources et assurez-vous de remplir les conditions fixées par l’OFS du programme visé.
  • Comparer les offres : Analysez les différents programmes BRS disponibles dans votre ville ou région, en prenant en compte la localisation, la qualité du bâti, les charges et la redevance.
  • Évaluer le coût global : Prenez en compte le prix d’achat, les frais de notaire, la redevance OFS et les charges de copropriété pour établir un budget réaliste.
  • Se faire accompagner : N’hésitez pas à solliciter un conseiller immobilier, un notaire ou l’OFS pour comprendre toutes les subtilités du dispositif.
  • Anticiper la revente : Tenez compte des règles de revente lors de l’achat, notamment si vous prévoyez un changement de situation familiale ou professionnelle.

Exemples d’avantages financiers concrets

Dans la métropole de Nantes, un couple de primo-accédants a pu acquérir un T3 neuf de 65 m² en BRS pour 175 000 €, alors que le même bien était affiché à 255 000 € sur le marché libre. Sur 20 ans, la différence de coût s’élève à plus de 80 000 €, même en tenant compte de la redevance foncière. Cette économie a permis au couple de conserver une capacité d’épargne et d’investir dans l’amélioration du bien (aménagement, équipements, etc.).

Dans certains cas, la combinaison du BRS avec le PTZ et des aides locales peut permettre de réduire l’apport à moins de 5 % du prix d’achat, rendant l’accession à la propriété possible pour des ménages jusque-là exclus du marché.

Comment devenir propriétaire de votre logement en BRS ?

Surface habitable, Carrez, utile : quelles différences ?
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Les étapes d’un achat en BRS

L’acquisition d’un logement en bail réel solidaire suit un processus spécifique, qui se déroule en plusieurs temps :

  • Recherche et sélection du programme : Consultez les offres de logements BRS auprès des promoteurs, bailleurs sociaux, sites spécialisés ou directement auprès de l’OFS de votre territoire.
  • Dépôt de dossier et vérification d’éligibilité : Vous devez déposer un dossier de candidature, comprenant vos justificatifs de revenus, votre situation familiale et votre projet d’achat. L’OFS vérifie votre conformité aux critères d’éligibilité.
  • Signature du contrat de réservation : Une fois votre dossier accepté, vous signez un contrat de réservation et versez un dépôt de garantie.
  • Recherche de financement : Vous sollicitez un prêt immobilier, éventuellement complété par un PTZ ou d’autres aides, auprès de votre banque ou d’un courtier.
  • Signature du contrat de BRS et de l’acte de vente : Le notaire rédige les actes. Vous signez à la fois le bail réel solidaire (avec l’OFS) et l’acte de vente du logement (avec le promoteur ou le vendeur).
  • Remise des clés et entrée dans les lieux : Vous devenez propriétaire du logement, sous réserve du respect des conditions du BRS.

Les documents à fournir

  • Pièce d’identité de tous les acquéreurs
  • Justificatifs de revenus (avis d’imposition, bulletins de salaire, etc.)
  • Justificatif de domicile actuel
  • Attestation de non-propriété (ou justification de la situation)
  • Simulation de financement (prêt bancaire, PTZ, etc.)

Le dossier est instruit par l’OFS en lien avec la collectivité locale et le promoteur.

Le financement de l’achat en BRS

Le financement d’un achat en BRS se fait le plus souvent par un prêt immobilier classique, auquel peuvent s’ajouter :

  • Un prêt à taux zéro (PTZ), sous conditions de ressources, qui permet de financer jusqu’à 40 % du prix du logement.
  • Des prêts complémentaires accordés par certaines collectivités ou organismes sociaux.
  • Des aides à la rénovation énergétique si le logement est ancien.

La banque ou l’établissement de crédit analyse la situation du ménage (revenus, apport personnel, taux d’endettement) et prend en compte la redevance OFS dans le calcul du « reste à vivre ». La plupart des grands réseaux bancaires (Crédit Agricole, Banque Postale, Caisse d’Épargne, etc.) connaissent désormais le BRS et proposent des offres adaptées.

Le rôle du notaire et de l’OFS dans la transaction

La particularité du BRS réside dans la signature de deux actes distincts :

  • L’acte de vente du logement (bâti) entre l’acquéreur et le promoteur, bailleur social ou vendeur.
  • Le bail réel solidaire entre l’acquéreur et l’OFS, précisant les droits et obligations de chaque partie, la durée du bail, le montant de la redevance et les conditions de revente.

Le notaire veille au respect de la réglementation, au bon enregistrement des actes et à l’information complète de l’acquéreur sur ses droits et devoirs.

Conseils pour bien préparer son projet BRS

  • Anticipez le délai de constitution du dossier (en moyenne 2 à 4 mois entre la réservation et la signature de l’acte).
  • Simulez votre capacité d’emprunt en tenant compte de la redevance mensuelle.
  • Visitez plusieurs programmes et comparez les charges, la qualité du bâti, la localisation, l’environnement.
  • Renseignez-vous sur les conditions de revente, la durée du bail et les obligations d’occupation.

Peut-on revendre son logement acquis en bail réel solidaire (BRS) ?

La revente d’un logement en BRS : un encadrement strict

L’un des piliers du BRS est la maîtrise du prix de revente, afin de préserver la vocation sociale du logement sur le long terme. Contrairement à l’achat classique, l’acquéreur ne peut pas revendre son bien librement au prix du marché. La revente est possible, mais elle doit respecter plusieurs conditions :

  • Le prix de vente est plafonné. Il est fixé dans le contrat de BRS, selon une formule prenant en compte le prix d’acquisition, l’évolution de l’indice du coût de la construction (ICC) et, éventuellement, la valeur des travaux réalisés.
  • L’acquéreur doit être éligible au dispositif (plafonds de ressources, conditions d’occupation, etc.).
  • L’OFS doit approuver la vente et valider le profil du nouvel acquéreur.
  • Le bail est transféré au nouvel acquéreur, qui bénéficie de la durée résiduelle du bail initial.

Exemple de calcul du prix de revente

Imaginons un logement acquis en BRS en 2020 pour 170 000 €. En 2030, l’acquéreur souhaite revendre. Le contrat prévoit un plafonnement du prix basé sur l’ICC :

  • ICC en 2020 : 1 726 ; ICC en 2030 : 1 900
  • Prix maximum de revente = 170 000 € × (1 900 / 1 726) = 187 062 €
  • Si des travaux d’amélioration ont été réalisés (par exemple, 10 000 €), ils peuvent être ajoutés au prix, sous réserve de l’accord de l’OFS.

Le futur acquéreur devra répondre aux conditions de ressources et d’occupation du BRS. L’OFS accompagne le vendeur dans la recherche d’un repreneur, ce qui sécurise la transaction et garantit la continuité de la mission sociale du dispositif.

Procédure et délais de revente

La vente d’un logement en BRS suit une procédure spécifique :

  • Le vendeur informe l’OFS de son intention de vendre et propose un prix conforme au contrat.
  • L’OFS recherche un acquéreur éligible, éventuellement via des annonces ou des partenariats avec des opérateurs immobiliers.
  • Un nouvel acquéreur est sélectionné, sous réserve du respect des critères d’éligibilité.
  • Signature de l’acte de vente et transfert du bail au nouvel acquéreur.

Le délai de revente varie en fonction des marchés locaux et de la demande, mais l’OFS doit s’efforcer de trouver un repreneur dans un délai raisonnable (généralement 3 à 6 mois). En cas d’absence de candidat, des solutions alternatives peuvent être envisagées (rachat par l’OFS, relogement, etc.).

Que devient le bail à l’issue de la durée initiale ?

Le bail réel solidaire est consenti pour une durée longue (de 18 à 99 ans). À l’expiration du bail, le ménage ou ses ayants droit peuvent solliciter un renouvellement auprès de l’OFS, selon les conditions en vigueur. Si le bail n’est pas renouvelé, le logement revient à l’OFS, qui peut alors le proposer à un nouveau ménage éligible.

Exemples de reventes réussies en BRS

Dans la métropole de Lyon, une famille ayant acheté un appartement en BRS en 2017 a pu le revendre en 2022 à un jeune couple primo-accédant, après validation de l’OFS. La plus-value était modérée, mais suffisante pour couvrir les frais engagés et permettre le financement d’un nouveau projet immobilier. L’acquéreur a bénéficié d’un prix d’achat inférieur de 40 % au marché, ce qui a favorisé la transmission de la propriété à un ménage également modeste.

À retenir

  • Le BRS dissocie la propriété du terrain et du logement pour rendre l’accession abordable.
  • Ce dispositif s’adresse aux ménages modestes respectant des plafonds de ressources.
  • La revente est possible mais encadrée pour garantir la vocation sociale sur le long terme.

En résumé, le bail réel solidaire (BRS) constitue une avancée majeure pour démocratiser l’accession à la propriété en France. Grâce à la dissociation entre le foncier et le bâti, il permet à des milliers de ménages d’acheter un logement dans des conditions financières avantageuses, tout en préservant la mixité sociale et la vocation sociale du parc immobilier. Si le dispositif impose certaines contraintes – notamment en matière de revente et d’occupation – il offre une alternative solide à l’achat classique, adaptée aux enjeux contemporains du logement.

Pour réussir son projet en BRS, il est essentiel de bien s’informer, de vérifier son éligibilité et de se faire accompagner par des professionnels compétents. L’essor du BRS sur l’ensemble du territoire ouvre de nouvelles perspectives pour les ménages désireux de devenir propriétaires sans sacrifier leur équilibre financier. Que vous soyez un primo-accédant, une famille ou un senior, le BRS mérite toute votre attention pour concrétiser votre rêve de propriété en toute sérénité.

Roland Riaut / Rédacteur web

Passionné par l'immobilier, le bien-être et l'art de vivre, je partage ici des conseils pratiques et des informations fiables pour vous accompagner dans vos projets au quotidien. Mon objectif : rendre chaque sujet clair et utile.