L’achat en indivision est une solution de plus en plus plébiscitée par les particuliers souhaitant acquérir un bien immobilier à plusieurs. Que ce soit en couple, entre amis ou au sein d’une famille, ce mode d’acquisition offre de nombreux avantages mais comporte également des risques spécifiques. Bien que l’indivision permette de mutualiser les moyens financiers et d’accéder plus facilement à la propriété, elle repose sur un fonctionnement collectif qui nécessite une bonne entente entre les indivisaires. Comprendre les règles juridiques, anticiper les éventuelles difficultés liées à la gestion ou à la sortie de l’indivision, et savoir comment prévenir ou résoudre les conflits, sont des éléments essentiels pour sécuriser son projet immobilier.
Dans cet article, nous vous proposons une analyse approfondie de l’achat en indivision : des principes de base jusqu’aux mécanismes de gestion des désaccords, en passant par les modalités de sortie. Vous découvrirez des conseils pratiques, des exemples concrets, ainsi que des outils comparatifs pour faire le meilleur choix selon votre situation et éviter les écueils les plus fréquents. Que vous envisagiez d’acheter en indivision ou que vous soyez déjà engagé dans ce type de projet, ce guide complet vous donnera toutes les clés pour réussir et sécuriser votre investissement immobilier.
Comprendre l’achat en indivision : principes et fonctionnement

Définition de l’indivision
L’indivision est une situation juridique dans laquelle plusieurs personnes, appelées indivisaires, sont propriétaires ensemble d’un même bien immobilier, sans que leur part respective ne soit matériellement individualisée sur le bien. Chaque indivisaire détient une quote-part abstraite du bien, exprimée en pourcentage ou en fraction (par exemple, 50 % chacun pour un couple, ou 1/3 chacun pour trois amis investisseurs). Cette quote-part est inscrite dans l’acte d’achat et détermine les droits et obligations de chacun.
L’indivision est le régime par défaut dès lors qu’au moins deux personnes acquièrent un bien sans constituer de société (comme une SCI). Cette solution est privilégiée pour sa simplicité et sa souplesse, surtout lorsqu’elle correspond à un projet d’achat commun où chacun souhaite conserver sa liberté tout en participant à la propriété collective.
Pourquoi acheter en indivision ?
- Mutualisation de l’apport et des revenus : L’indivision permet à plusieurs acheteurs de réunir plus facilement la somme nécessaire à l’acquisition d’un bien plus grand ou mieux situé.
- Souplesse de fonctionnement : Aucun formalisme particulier n’est requis en dehors de l’acte notarié, rendant l’indivision accessible et rapide à mettre en place.
- Adaptée à de nombreux profils : Couples non mariés ou pacsés, membres d’une même famille, amis investisseurs… L’indivision s’adresse à tous ceux qui souhaitent acheter ensemble sans créer une structure juridique complexe.
Par exemple, selon l’INSEE, plus de 60 % des achats de résidence principale par des couples non mariés se font en indivision. Ce mode d’acquisition est également privilégié pour les achats de résidences secondaires entre amis (environ 15 % des cas selon une étude de la FNAIM 2022).
Les règles de base de l’indivision
L’indivision est régie par les articles 815 et suivants du Code civil. Les principales règles sont :
- Propriété collective : Chaque indivisaire a un droit de propriété sur la totalité du bien, à hauteur de sa quote-part.
- Gestion à l’unanimité ou à la majorité : Les actes de gestion courante nécessitent la majorité des 2/3, tandis que les actes de disposition (vente, hypothèque, travaux importants) exigent l’unanimité, sauf stipulation contraire dans une convention d’indivision.
- Liberté de sortie : « Nul ne peut être contraint à demeurer dans l’indivision » (art. 815 du Code civil). Chacun peut demander à sortir de l’indivision à tout moment.
Exemple concret d’achat en indivision
Imaginons Sophie et Julien, en couple mais non mariés, qui souhaitent acheter un appartement à Paris pour 400 000 €. Sophie apporte 120 000 € d’épargne, Julien 80 000 €, et ils contractent un emprunt commun de 200 000 €. Le notaire indique dans l’acte d’achat que Sophie détient 60 % du bien et Julien 40 %. Cette répartition déterminera leurs droits en cas de revente et la part des charges courantes (impôts, travaux, etc.) qu’ils devront assumer.
| Aspect | Indivision | SCI (Société Civile Immobilière) |
|---|---|---|
| Formalités de création | Simples, acte notarié uniquement | Création d’une société, statuts à rédiger |
| Gestion du bien | Majorité/unanimité selon l’acte | Désignation d’un gérant, règles statutaires |
| Sortie d’un associé | Libre, nul ne peut être contraint de rester | Transmission de parts, formalisme plus complexe |
| Fiscalité | Imposition directe sur les revenus du bien | Option pour l’IR ou l’IS, formalités fiscales |
| Adaptée à | Couples, familles, amis | Investisseurs, transmission familiale |
Les règles juridiques et financières de l’achat en indivision
La rédaction de l’acte d’achat indivis
L’acte d’achat, rédigé par le notaire, précise pour chaque indivisaire :
- Son identité complète
- Le montant de son apport personnel
- La quote-part détenue dans l’indivision (exprimée en pourcentage ou fraction)
- Les modalités de financement et de remboursement du prêt éventuel
Il est essentiel que l’acte reflète fidèlement la participation financière réelle de chacun, faute de quoi des conflits pourraient survenir lors de la revente ou de la sortie d’un indivisaire.
La convention d’indivision : sécuriser et organiser la gestion
Bien que non obligatoire, la rédaction d’une convention d’indivision est vivement recommandée. Ce document, également rédigé par le notaire, permet d’aménager les règles de gestion et de prévenir les litiges. Il peut être conclu pour une durée déterminée (maximum 5 ans, renouvelable) ou indéterminée.
- Désignation d’un gérant (indivisaire ou tiers) pour les actes courants
- Répartition des charges (emprunt, taxe foncière, travaux…)
- Modalités de prise de décision (majorité simple, qualifiée, ou unanimité)
- Droit de préemption en cas de vente de parts par un indivisaire
- Conditions de sortie anticipée (remboursement de l’apport, indemnité, etc.)
En 2023, selon le Conseil supérieur du notariat, 70 % des acquisitions en indivision sont assorties d’une convention, preuve de son utilité croissante pour sécuriser les intérêts de chacun.
Répartition des charges et bénéfices
Chaque indivisaire doit participer aux dépenses liées à la conservation et à la gestion du bien, au prorata de ses droits dans l’indivision. Cela inclut :
- Le remboursement du prêt immobilier (si contracté en commun)
- Les impôts locaux (taxe foncière, taxe d’habitation le cas échéant)
- Les charges de copropriété
- Les frais d’entretien et de travaux
- L’assurance du bien
En cas de location du bien, les revenus locatifs sont également partagés selon la quote-part de chacun. Si un indivisaire supporte seul une dépense nécessaire à la conservation du bien, il peut demander le remboursement de la part due par les autres.
Prise de décision et gestion du bien en indivision
La gestion du bien indivis dépend du type d’acte envisagé :
- Actes conservatoires (travaux urgents, paiement des impôts) : chaque indivisaire peut agir seul, mais doit informer les autres.
- Actes d’administration (mise en location, entretien courant, choix de l’assurance) : majorité des 2/3 des droits indivis.
- Actes de disposition (vente, hypothèque, travaux majeurs) : unanimité, sauf clause contraire dans la convention.
Exemple : pour trois indivisaires détenant respectivement 50 %, 30 % et 20 % du bien, la majorité des 2/3 correspond à 66,66 %. Ainsi, les deux premiers peuvent décider ensemble de la mise en location du bien, mais la vente nécessitera l’accord des trois.
Les obligations et responsabilités des indivisaires
Chaque indivisaire est responsable des dettes et charges à hauteur de sa quote-part. En cas de défaut de paiement d’un indivisaire (par exemple, impayé de crédit ou de charges), les autres peuvent être amenés à avancer la somme pour éviter une saisie du bien, puis se retourner contre l’indivisaire défaillant. D’où l’importance de bien choisir ses coacquéreurs et d’instaurer des règles précises dans la convention d’indivision.
Sortir de l’indivision : modalités, coûts et solutions

Le principe de la liberté de sortir de l’indivision
Le Code civil pose le principe fondamental selon lequel « nul ne peut être contraint à demeurer dans l’indivision ». Concrètement, cela signifie que chaque indivisaire peut demander à tout moment la division du bien ou la vente, même contre l’avis des autres. Cette liberté vise à éviter les situations de blocage ou d’enfermement dans une copropriété non souhaitée.
Les différentes options pour sortir de l’indivision
- La vente du bien indivis : Option la plus courante, où le bien est vendu et le produit partagé selon les quotes-parts. Cette solution est souvent choisie en cas de désaccord ou d’impossibilité de racheter la part d’un coindivisaire.
- Le rachat de la part d’un indivisaire : Un ou plusieurs indivisaires rachètent la quote-part de celui qui souhaite sortir. Cette opération nécessite une évaluation du bien à sa valeur de marché, le recours à un notaire et le paiement de droits de partage (environ 2,5 % du montant racheté).
- Le partage en nature : Possible uniquement si le bien est divisible matériellement (ex : terrain, immeuble), ce qui est rare pour un logement individuel.
Procédure de sortie d’un indivisaire
La sortie d’un indivisaire se déroule généralement en plusieurs étapes :
- Information des autres indivisaires de son intention de vendre sa part ou de provoquer la vente du bien
- Évaluation de la quote-part par un expert (agent immobilier ou notaire)
- Accord de principe sur le prix et les conditions
- Signature d’un acte notarié constatant la vente de la part ou le partage du bien
- Répartition du prix après déduction des frais et charges éventuels
Si les indivisaires ne parviennent pas à un accord, l’indivisaire sortant peut saisir le tribunal judiciaire, qui ordonnera la vente aux enchères du bien.
Le droit de préemption des indivisaires
Une convention d’indivision peut prévoir un droit de préemption au profit des autres indivisaires : en cas de vente de la part d’un coindivisaire à un tiers, ces derniers disposent d’un délai (souvent deux mois) pour se porter acquéreur prioritairement, aux mêmes conditions de prix. Ce mécanisme évite l’entrée d’un inconnu dans l’indivision et sécurise la gestion future.
Les coûts liés à la sortie de l’indivision
- Frais de notaire : Environ 7 à 8 % du prix lors d’une vente classique, 2 à 2,5 % en cas de partage entre indivisaires (droit de partage).
- Frais d’expertise : Environ 500 à 2 000 € selon la complexité du bien.
- Possibles indemnités d’occupation : Si un indivisaire a occupé le bien seul, il peut être tenu de verser une indemnité aux autres.
Exemple de sortie d’indivision
Reprenons l’exemple de Sophie et Julien. Après quelques années, Sophie souhaite vendre sa part. Julien, qui occupe le bien, décide de la racheter. Le bien est évalué à 420 000 €. Sophie détient 60 % soit une valeur de 252 000 €. Julien devra verser à Sophie cette somme, plus les droits de partage (environ 6 300 €). L’acte est signé chez le notaire et Julien devient propriétaire unique.
Risques et conflits en indivision : causes, prévention et résolution
Principales sources de conflits en indivision
- Désaccord sur la gestion du bien : Choix des travaux, location ou occupation, répartition des charges…
- Refus de vente ou de sortie d’un indivisaire : Blocage lorsque l’un souhaite vendre et l’autre non.
- Défaut de paiement d’un indivisaire : Non-paiement des charges, du prêt, etc.
- Inégalité d’apport ou d’occupation : L’un occupe seul le bien sans indemniser l’autre.
Selon une étude du ministère de la Justice de 2021, plus de 12 000 litiges liés à l’indivision sont portés devant les tribunaux chaque année, principalement pour des motifs de gestion ou de sortie.
Comment prévenir les conflits en indivision ?
- Rédiger une convention d’indivision précise : Fixer les règles de gestion, de prise de décision, de répartition des charges, de sortie…
- Tenir une comptabilité rigoureuse : Suivre les dépenses et les apports de chacun.
- Anticiper la sortie : Prévoir les modalités de rachat des parts ou de vente du bien.
- Communiquer régulièrement : Se réunir pour prendre les décisions et éviter les non-dits.
- Prévoir une clause d’indemnité d’occupation : En cas d’occupation exclusive du bien par un indivisaire.
Résolution des conflits : solutions amiables et judiciaires
En cas de désaccord, la première étape consiste à rechercher une solution amiable : médiation, recours à un notaire ou à un avocat, négociation pour un rachat de parts, etc. La médiation permet souvent de rétablir le dialogue et d’éviter un contentieux long et coûteux.
Si la situation reste bloquée, le recours au juge est possible. Le tribunal judiciaire peut :
- Ordonner la vente du bien indivis aux enchères publiques
- Désigner un mandataire pour gérer la vente ou le partage
- Fixer une indemnité d’occupation à l’encontre d’un indivisaire occupant seul le bien
- Répartir les sommes dues et régler les comptes entre indivisaires
Il est important de noter que la procédure judiciaire peut durer de plusieurs mois à plusieurs années, selon la complexité du dossier et la bonne foi des parties. Les frais de justice viennent alors s’ajouter aux coûts déjà engagés.
Exemple concret de conflit et résolution
Illustrons par un cas réel : trois frères héritent d’une maison en indivision. Deux souhaitent la vendre, le troisième veut l’occuper et refuse la vente. Après plusieurs tentatives de médiation, les deux premiers saisissent le tribunal. Le juge constate l’impossibilité de partage en nature et ordonne la vente aux enchères. Le produit de la vente est partagé selon les quotes-parts, mais le frère occupant doit verser une indemnité d’occupation pour la période où il a profité seul du bien.
Achat en indivision selon les profils : couples, familles et investisseurs

Acheter en indivision en couple (concubins, partenaires PACS)
L’indivision est la formule la plus courante chez les couples non mariés. Elle permet à chacun d’être reconnu comme propriétaire à part entière, à hauteur de son apport. Toutefois, l’absence de protection du conjoint en cas de décès (sauf testament) ou de séparation doit inciter à la prudence.
- En cas de séparation : Chacun peut demander la sortie de l’indivision, mais le rachat de la part de l’autre peut poser problème si les finances personnelles ne le permettent pas.
- En cas de décès : La part du défunt revient à ses héritiers, qui deviennent indivisaires avec le survivant, sauf disposition testamentaire ou rachat de la part.
Conseil pratique : Il est recommandé de rédiger un testament pour protéger le conjoint survivant, ou de prévoir dans la convention d’indivision un droit d’occupation temporaire du bien.
L’indivision familiale (héritage, donation)
L’indivision résulte souvent d’une succession : à la mort d’un parent, les enfants héritent ensemble du logement familial. Cette situation est source d’autant plus de tensions que les projets et les moyens des héritiers diffèrent.
- Un héritier souhaite vendre, les autres non : il peut provoquer la vente en justice.
- Un héritier occupe seul la maison : il devra indemniser les autres.
- Les héritiers peuvent conclure une convention d’indivision pour organiser la gestion et fixer la durée de l’indivision (jusqu’à 5 ans, renouvelable).
En France, 60 % des indivisions sont issues de successions. Selon le notariat, le délai moyen de sortie d’indivision successorale est de 2 à 3 ans, mais peut dépasser 10 ans en cas de conflit non résolu.
Achat en indivision entre amis ou investisseurs
De plus en plus de particuliers choisissent d’acheter une résidence secondaire ou d’investir dans l’immobilier locatif en indivision avec des amis ou des partenaires financiers. L’objectif est de réduire les coûts d’acquisition, de mutualiser les risques et de profiter ensemble d’un bien difficilement accessible seul.
- Exemple : quatre amis achètent une maison de vacances à Biarritz pour 600 000 €. Chacun apporte 150 000 € et détient 25 % du bien. Ils concluent une convention d’indivision organisant la répartition des semaines d’occupation, les règles de gestion et la procédure de sortie.
- En cas de location, les loyers sont partagés au prorata des parts, les charges également.
- La convention doit impérativement prévoir la gestion des désaccords et la procédure en cas de vente de la part d’un coindivisaire à un tiers.
L’indivision est adaptée pour des projets ponctuels ou à court/moyen terme. Pour des investissements de plus grande ampleur, la SCI peut être préférable.
Indivision ou SCI : quel choix pour votre projet ?
Le choix entre l’indivision et la SCI dépend du profil des coacquéreurs, de l’objectif poursuivi et de la durée envisagée. Voici un tableau récapitulatif :
| Critère | Indivision | SCI |
|---|---|---|
| Formalités | Simples, peu coûteuses | Création de société, statuts, frais |
| Gestion | Majorité/unanimité | Gérant, règles souples |
| Transmission | Complexe, indivision successorale | Transmission des parts plus aisée |
| Durée | Plutôt courte/moyenne | Long terme |
| Fiscalité | Directe | IR ou IS |
| Souplesse de sortie | Facile en principe | Dépend des statuts |
| Adaptée à | Couples, familles, amis | Investisseurs, transmission familiale |
Conseils pour réussir son achat en indivision et éviter les écueils
Préparer son projet et choisir ses coacquéreurs
L’achat en indivision repose sur la confiance et la transparence entre les indivisaires. Avant de vous engager, posez-vous les bonnes questions :
- Quels sont les objectifs de chacun (résidence principale, secondaire, investissement) ?
- Quelles sont les capacités financières et la situation personnelle de chaque futur coacquéreur ?
- Chacun est-il prêt à assumer sa part de charges et de responsabilités ?
- Quelle vision à moyen ou long terme (sortie, transmission, etc.) ?
Il est conseillé d’établir une « charte d’engagement » ou un projet écrit avant la signature définitive, pour s’assurer de l’alignement des intérêts.
La convention d’indivision : l’assurance d’une gestion sereine
La convention d’indivision est le véritable mode d’emploi du bien indivis. Son coût (de 800 à 1 500 € selon les notaires) est largement compensé par la sécurité qu’elle procure. Points à aborder :
- Durée de l’indivision et renouvellement
- Répartition des charges et bénéfices
- Gestion quotidienne et prise de décision
- Droit de préemption en cas de vente de parts
- Procédure de sortie (rachat, vente, indemnités d’occupation)
- Clauses spécifiques : occupation exclusive, assurance, etc.
Assurer le financement et anticiper les aléas
L’obtention d’un prêt immobilier en indivision peut être plus complexe, car les banques exigent souvent que tous les coacquéreurs soient co-emprunteurs et solidaires du remboursement. Il est donc crucial de :
- Choisir un établissement bancaire disposé à financer l’indivision
- Bien répartir les mensualités selon les quotes-parts réelles
- Assurer chaque indivisaire contre le risque de décès ou d’invalidité
- Prévoir des solutions en cas de défaut de paiement d’un co-emprunteur (assurance, clause de solidarité, etc.)
En cas de séparation ou de décès, la convention doit prévoir la répartition de la dette et la possibilité de substitution d’un indivisaire par un héritier ou un nouvel acquéreur.
Gérer l’occupation du bien et prévenir les litiges
Lorsque le bien est occupé par un ou plusieurs indivisaires, il est nécessaire de préciser dans la convention :
- Les règles d’occupation (répartition des périodes si résidence secondaire, conditions d’accès, etc.)
- L’éventuelle indemnité à verser en cas d’occupation exclusive
- La procédure de résolution des différends (médiation, arbitrage, etc.)
Pour un bien locatif, la convention doit prévoir la gestion du bail, la répartition des revenus et la désignation d’un gestionnaire (indivisaire ou professionnel).
Exemples de bonnes pratiques et erreurs à éviter
- Étudier la faisabilité financière sur le long terme (prévoyez une marge pour les imprévus : travaux, vacances locatives, etc.).
- Privilégier une répartition des quotes-parts conforme aux apports réels pour éviter toute contestation ultérieure.
- Ne pas négliger la rédaction d’un testament ou d’une assurance-décès pour protéger les indivisaires survivants.
- Anticiper la sortie dès le départ : modalités de rachat, prix de cession, clause de préemption…
- Se faire accompagner par un notaire ou un avocat spécialisé pour sécuriser les actes.
- L’achat en indivision offre souplesse et mutualisation, mais nécessite une convention claire pour prévenir les conflits.
- La sortie de l’indivision est toujours possible, mais peut engendrer des coûts et des tensions si elle n’est pas anticipée.
- La communication et la prévoyance sont les meilleurs remparts contre les litiges entre indivisaires.
L’achat en indivision reste une solution attractive pour accéder à la propriété en couple, en famille ou entre amis, à condition d’en maîtriser les règles et d’anticiper les difficultés potentielles. La simplicité de la mise en place ne doit pas faire oublier la nécessité d’un cadre juridique solide, notamment via une convention d’indivision adaptée à chaque situation. Prendre le temps d’établir des règles précises, de choisir ses coacquéreurs avec discernement et de prévoir les modalités de sortie, sont autant de gages de réussite et de sérénité dans la gestion de votre bien commun.
En cas de doute, n’hésitez pas à solliciter l’avis d’un notaire ou d’un professionnel de l’immobilier. Leur expertise vous permettra de sécuriser votre investissement, d’éviter les conflits et de profiter pleinement des atouts de l’achat en indivision pour réaliser vos projets immobiliers en toute confiance.